Infolettre 2

Voici une courte infolettre pour mettre à jour le calendrier des événements à venir et faire part des nouvelles ventes sur la vitrine en ligne.

Bonne lecture !

mail%20%282%29

LES ÉVÉNEMENTS À VENIR

Le Salon des métiers d’art de Ville de Guérande (44), auquel nous devions participer avec l’association Les voix de la forge, ne sera finalement à notre agenda des sorties ce printemps. Ceci en raison de l’incertitude de la tenue de l’événement jusqu’il y a peu.

En revanche, on sera au rendez-vous pour les événements ci-dessous :

  • Les 26 et 27 avril, Ta-Ka-Fer II, à Locoal-Mendon (56), à l’Espace Émeraude: une manifestation qui regroupe des artistes et artisans travaillant le métal sous toutes ses formes. Taillanderie Claudel exposera et vendra sur place des outils et des couteaux de cuisine.
    En amont de l’événement, le 9 avril de 19h à 20h, Martin et Mardjane donneront une conférence à la médiathèque de Locoal-Mendon intitulée « Un renouveau de la taillanderie à travers la commande d’outils d’équarrissage : le cas de la restauration de la charpente de Notre-Dame de Paris ».
    Merci à l’association LOCO’ART pour l’organisation de ce temps de discussion !
    mardjane-amin--3

  • 1er mai, à Bièvres (91) : La foire internationale à l’outil organisée par l’Association Les Amis de l’outil (LADO) : Taillanderie Claudel sera présent à cet événement dédié aux outils forgés, aux côtés de plusieurs autres taillandiers.
    De 8h à 17h sur la Place de l’Église.

  • Participation à l’exposition du concours Atelier d’art de France, région Bretagne, au Château de Quintin (22), du 29 avril au 1er juin : à cette occasion, la Doloire de Rémy***, une hache d’équarrissage réalisée en 2024 par Martin, sera présentée parmi d’autres oeuvres résultant de savoir-faire singuliers.
    Pour en savoir plus sur cette doloire, continuez la lecture de cette infolettre ;)
    Plus d’informations sur l’exposition et le Château de Quintin par ici.

  • Du 27 au 29 juin, 3e édition de l’Écho de la Taillanderie, au musée de la Taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne (25), sous le thème de L’Ergonomie : du corps à l’outil.
    Initié en 2023 dans le but de refaire résonner les enclumes de ce haut de lieu de la taillanderie, cet événement apparait aujourd’hui comme un rendez-vous de rencontre, d’expérimentation et d’échange pour les gens du métier, en plus de permettre au public de découvrir les gestes et savoir-faire associés à la fabrication d’outils.
    Programme détaillé à venir.

DES COUTEAUX AFFUTÉS AUX DISQUES ÉMERIS

Dans l’atelier ces temps-ci, l’humeur est aux couteaux de cuisine pour la partie production, et à la restauration et la maintenance de machines pour d’autres aspects mais ça, on vous en parlera plus tard… suspense !

Depuis quelques semaines, la quasi totalité des étapes d’émouture, de mise au tranchant et de polissage sont effectuées sur meule à eau de production (meule reconstituée motorisée), disques émerisés et frottes avec pâtes à polir. La meule à eau permet de « gros » enlèvements de matière (on parle d'épaisseurs allant jusqu’à 1,5 mm maximum) sans aucun risque de surchauffe du tranchant puisque l'eau refroidit constamment le fil. Les disques émerisés prennent la suite du polissage : il s'agit d'un enduit à base de colle de poisson et d'émeri en poudre appliqué sur le pourtour en cuir d'un disque en bois, monté sur un touret. Le même touret permet le montage de frottes en sisal et coton cousu, enduits d'une pâte à polir et utilisés pour la fin du polissage. Tout ceci requiert plus de place pour les machines et des savoir-faire associés, qui nous viennent de la coutellerie traditionnelle thiernoise notamment, mais permet une réappropriation et une autonomisation de procédés anciens associés à la taillanderie et à la coutellerie traditionnelles.

Ces techniques vont par ailleurs dans le sens d’une meilleure durabilité de l’outil de production puisque comparativement aux bandes abrasives prêtes-à-l’emploi du commerce, les disques émerisés ont une durée de vie plus longue, en plus de pouvoir être réutilisés, après re-émerisage, une fois la surface abrasive usée. Ils sont donc absolument adaptés à la coutellerie utilitaire et à la taillanderie au plan technique, économique, et écologique.
Voilà donc, avec ces procédés, un pas de plus vers l’idée d’un atelier sobre, efficace et performant, tel qu’on le souhaite.

mail%20%281%29
Vous pouvez voir certains des couteaux récemment réalisés sur la vitrine en ligne et d’autres suivront sûrement dans les prochaines semaines.
Cliquez par ici pour les découvrir.

LA DOLOIRE DE RÉMY

doloire%20re%CC%81my
La dénommée Doloire de Rémy s’inscrit dans un parcours d'une dizaine d'années, de recherche et d'expérimentation sur les haches d'équarrissage inspirées de modèles anciens. Se spécialisant dans les outils des métiers du bois et appréciant tout particulièrement le travail de charpente traditionnelle, Martin a pu étudier et produire de nombreuses haches d'équarrissage pour des artisans charpentiers. Pour lui, forger des haches de charpente contribue à préserver et créer un patrimoine bâti vernaculaire qui conserve un lien fort avec la matière et le travail manuel. Soucieux de fournir des outils performants et d'acquérir une meilleure compréhension de l'usage de ces outils, il s’est par ailleurs initié au travail d'équarrissage.

Cette doloire présente toutes les caractéristiques de ce type de hache de finition en équarrissage : un tranchant asymétrique (un côté plat et un biseau) et un manche déporté pour travailler à côté de la grume sans s’y cogner les mains.

Elle se compose en deux parties : une tête forgée en plusieurs pièces de fer puddlé (pour le corps de la tête) et d’acier C100 (pour le tranchant), et un manche en bois de frêne. L’ensemble de la doloire présente un profil et une géométrie spécifiques, propres à ce type d’outil, au corps de métier et aux préférences de l’artisan qu’elle va servir. Elle pèse environ 2,3 kg.

La tête de hache à elle seule se découpe en trois parties : la douille qui reçoit le manche, le collet décoré qui fait transition, et la plaine associée au taillant qui à eux deux forment la lame. L'ensemble présente trois aspects et textures métalliques : blanchi ou poli(tranchant, champs extérieurs), limé, re-calaminé à chaud puis brossé(douille), brut de forge brossé (collet décoratif, revers et envers de la plaine). Le choix a été fait de laisser présents ces trois aspects plutôt qu'un outil intégralement blanchi afin que l’outil parle par lui-même de sa fabrication.

La fabrication de la Doloire de Rémy s’inscrit dans le contexte récent de recherche et de production de haches à douille, survenue dans le cadre de la réalisation en 2022 des haches d'équarrissage pour la reconstruction de la charpente de la cathédrale de Notre-Dame de Paris. En effet, Rémy Desmonts, référent bois vert sur le chantier de la cathédrale, s'est vu offrir en 2024 une hache par son fils, Loïc, pour souligner la conclusion de sa carrière de maître-charpentier. Cette commande alors permis de pousser plus loin la difficulté technique de réalisation de ce type de hache, en développant dans ce cas-ci un outil capable de répondre aux exigences fonctionnelles et techniques élevées du maître-charpentier, tout en mêlant une géométrie complexe et une recherche sur les ornements inspirés de la tradition.

Cet outil s'inscrit également dans une démarche et une quête de transmission chères à Martin, puisqu'il contribue à souligner le lien de transmission entre M. Desmonts et son fils et successeur.

Comme mentionné plus haut, elle sera exposée temporairement, durant le mois de mai, au Chateau de Quintin, dans les Côtes d’Armor, avant de retourner auprès de son propriétaire pour reprendre son rôle de hache d’équarrissage.

mardjane-amin--2 mardjane-amin-

Article précédent Article suivant